Le contexte personnel

 


Marseille, La Bonne-Mère, Notre Dame de la Garde

    Mon désir d'apprendre le provençal remonte à ma jeunesse quand, de retour d'Algérie où je suis né, je me suis installé en 1960 dans la région marseillaise où j'habite toujours. Il me paraissait donc à l'époque tout à fait normal de chercher à parler ce dialecte que je trouve toujours formidable d'autant plus que beaucoup de ses mots et expressions étaient et sont largement employés dans le français régional du coin.


Les terres salées de Camargue (La Sansouiro)
     Malheureusement, les contraintes professionnelles et familiales ne m'ont pas permis de mettre à exécution ce projet.

     Aujourd'hui ingénieur-système informatique à la retraite, je profite donc de mon temps libre pour essayer modestement de l'apprendre. Je regarde avec beaucoup de difficultés des émissions en langue provençale diffusées par la télévision régionale marseillaise. Je possède d'autre part, quelques recueils que je ne peux lire aisément sans le secours continuel du dictionnaire et de la grammaire.


Martigues, la Venise provençale
    Je ne veux pas me limiter à la seule composante dialectale provençale. Il coule dans mes veines, grâce à mes bi- et trisaïeuls, du sang espagnol, italien, auvergnat et languedocien c'est sûr et peut-être même gascon (Tarbes) mais cela n'a pas été franchement authentifié. Je ne suis donc pas un provençal de souche. C'est pourquoi, peut-être, je m'intéresse aussi aux autres dialectes du Midi de la France.

     C'est pourquoi, aussi, je ne comprends pas toutes les querelles linguistiques qui perdurent dans les différentes régions du pays d'Oc étendu sur plus de 35 départements français, alors que toutes ses composantes dialectales font justement la richesse du magnifique patrimoine régional français.

Pour moi, ceci ne me paraît pas être le bon chemin pour défendre la Langue !... 


Le cabanon aux coquelicots

     Pour voir d'abord, je commençai tout seul par apprendre le provençal central (graphie classique). J'achetai les livres suivants :

     Je rencontrai alors beaucoup de difficultés mais ne me décourageai pas. Habitant un village couvert par la graphie rhodanienne, j'adhérai à une association folklorique qui donnait des cours de provençal "mistralien". Je m'inscrivis parallèlement à la Faculté de Lettres d'Aix-en-Provence en tant qu'auditeur libre dans les deux graphies. J'achetai alors les livres complémentaires suivants :

     A partir de là, je consacrais alors pas mal de temps à cet apprentissage.

     Durant la première année,

Les produits de Provence
en plus de mes cours, je fis la connaissance d'un ancien de 85 ans, nommé Primo, avec qui j'essaie toujours de parler en rhodanien. En échange, je l'aide en micro informatique à se servir de son ordinateur pour mettre en forme ses poésies qui sont sa passion.

     D'un autre côté, abonné au mensuel "Prouvenço d'Aro", j'épluchais au mieux, dictionnaires et grammaires à portée de main, les articles du journal, même ceux qui ne m'intéressaient guère, pour tenter de saisir la langue, ses mots, sa syntaxe, ses tournures et ses expressions typiques que je consignais sur un cahier.

     Par ailleurs, ayant pu acquérir - non sans peine, c'est le moins que l'on puisse dire !... - dans mes virées à travers le Pays d'Oc quelques écrits, quelques textes, quelques livres en auvergnat, en gascon, en limousin, en catalan, en vivaro-alpin, provençal bien sûr, en languedocien et même en carcinol, je m'abonnais à un forum de "langue occitane List-d'Oc " dans lequel je pouvais être en contact avec des locuteurs des autres dialectes. Mais là, je me contentais seulement de comprendre le sens général des messages, n'ayant pas les moyens financiers de me pourvoir, comme en provençal, en dictionnaires et grammaires dans chaque dialecte.

     Assez frustré de cette compréhension approximative et n'étant pas satisfait des dictionnaires propriétaires mis à disposition sur Internet, - en précisant toutefois qu'ils ont le très grand mérite d'exister - je proposai dans ce forum une idée de dictionnaire pluridialectal interactif, en restant le plus proche possible de l'esprit de Frédéric Mistral dans son "Trésor dóu Félibrige", aussi en ligne sur Internet, un peu à l'image des dictionnaires proposés sur CD par de grands éditeurs mais possédant en plus une possibilité de mise à jour en temps réel par des locuteurs habilités maîtrisant bien leur langue, ce qui n'est pas mon cas, en espérant déclencher une espèce "d'œuvre collective " dont "Notre Langue" a bien besoin, de mon point de vue.

     Pour ne pas rester que sur des mots et pour illustrer la faisabilité technique de cette idée, je me suis mis à apprendre le langage PHP/MySQL de programmation sur Internet afin d'écrire la maquette d'un dictionnaire pluridialectal, maquette que je montre ici, sur ce site. Un tel dictionnaire serait d'accès gratuit, disponible à toute personne intéressée en complément des dictionnaires-papier habituels lourds à transporter, et là, je pense surtout aux écoliers et étudiants qui sont les mieux placés pour porter l'avenir de notre Langue d'Oc.

     Pour finir, n'est-ce pas là aussi, un moyen de mieux s' "interconnaître", un peu partout à travers toutes les composantes de la Langue ?

---ooOoo---